Evocation de F. Benveniste
Dissertations archéologiques de A. Bonnardot : I - II- III
Les Tours : 1e partie|| 2e partie || La Tour de Nesles
Extrait du livre d'Alfred Bonnardot
"Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes
de Paris" - (1851)
our
me conformer à l'opinion généralement adoptée,
j'appellerai Enceinte de Ph. Auguste un mur épais qui, s'étendant
sur les deux rives de la Seine, forma longtemps la limite de la capitale
; mur dont il reste quelques portions, et dont la ligne est tracée,
avec plus ou moins d'exactitude, sur plusieurs plans anciens ou modernes.
Avant d'entrer en matière, je dois déclarer qu'il n'y a
pas, à mes yeux, certitude que tout ce cours de muraille soit,
sur tous les points, l'uvre de Ph. Auguste. Il est évident
que plusieurs parties, notamment sur la rive gauche, ont subi des modifications
successives ou même une reconstruction totale. J'aurai donc soin
de faire ressortir les documents qui attestent les divers changements
apportés au plan primitif.
uelques
auteurs, tels que Bonamy, ont même été plus loin :
se basant sur quatre mots d'un ancien acte, ils ont presque admis la partie
septentrionale de cette clôture étant antérieure à
Ph. Auguste.
Nous possédons, au sujet de cette clôture générale
de Paris, une masse de documents plus ou moins clairs, fournis par les
chroniques contemporaines, les Ordonnances royales, les Comptes de la
ville, les plans des Archives et les vieilles estampes. Il y a mieux :
il nous reste encore en nature des portions notables du grand mur, qui
ont résisté à plusieurs siècles de dévastation
de tout genre. Il est donc surprenant qu'il n'ait point paru jusqu'ici
un travail complet sur cette matière, mais seulement quelques notices
peu détaillées et peu superficielles. Il s'agit, pour arriver
à une solution positive sur certains points, et, sur d'autres,
à des conjectures très vraisemblables, de rassembler ces
matériaux, de les bien classer, et de les interpréter de
manière à en tirer des déductions incontestables.
Selon la plupart des historiographes modernes qui citent des chroniques
contemporaines, cette clôture fut commencée d'abord sur la
rive droite en 1190 et continuée sur l'autre rive en 1200 et 1211.
Rigord, historien contemporain, parle de cette clôture, qu'il vit
achevée au nord et au midi."
(...)
Nous lisons ensuite des considérations très intéressantes
sur la façon dont le mur a été construit
