Evocation de F. Benveniste
Dissertations archéologiques de A. Bonnardot : I - II- III
Les Tours : 1e partie|| 2e partie || La Tour de Nesles
Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris
Extrait du livre d'Alfred Bonnardot
Enceinte de Philippe-Auguste. Considérations générales.
(suite)
h.
Auguste acheta donc le terrain, mais il est probable que les frais de
construction du mur et des tours furent à la charge de la Ville.
De là, par la suite, d'interminables contestations, faute sans
doute de preuves de part et d'autre. Il paraîtrait que le roi, bien
qu' il n' eût sans doute acquis que le fonds, se regardait comme
le propriètaire de tout. Au reste, cette idée paraissait
fort naturelle à cette époque. Rigord dit même que
le roi avait le droit d' élever son mur sur le terrain des particuliers,
et qu'il ne les indemnisa que parce qu'il préféra l' équité
au droit . Quoiqu'il en soit, ces murailles ont toujours été
nommées : murs du Roy . Du Breul cite un acte de 1209 (époque
où l'on achevait la clôture du midi), qui nous apprend que
Ph. Auguste donna à l'abbé de S.Germain-des-Prés
une porte de ville non encore achevée, qu'il nomme : "posternam
murorom nostrorom." Dans beaucoup d'autres actes postérieurs,
il est souvent fait mention des murs du Roy ou murs_les_Roy.
Mais notons que sur les anciens registres de Comptes de la Ville de
Paris, on lit presque toujours : les murs de la Ville. Il ma paraît
donc impossible de décider qui, du roi où de la Ville de
Paris, paya les frais de la clôture. Bonamy dit avoir retrouvé
cette pièce sur un registre de Ph. Auguste, conservé au
Trésors des chartes ; est-ce une preuve positive que ce roi ait
soldé lui-même ce compte ?
a
clôture de Ph. Auguste consistait, comme l'attestent de nombreuses
portions conservées au nord et au sud de la capitale, en deux murs
reliés entre eux par un blocage de moellons noyés dans un
ciment assez tenace. Les faces de ces deux murs de soutien se composaient
de pierres de petit appareil, equarries, mais inégales dans leur
dimension. Le plus grand nombre de ces pierres porte environ 27 c. en
carré, terme moyen ; elles sont de nature calcaire, mais leur surface
est devenue, à l'air, presque aussi dure que le grès, et
a contracté une teinte d'un gris foncé. Il faut aussi observer
que, par suite de nombreuses réparations, on a intercalé,
dans l'appareil général, des pierres d'une autre dimension
et d'une autre nature ; mais les blocs du revêtement primitif dominent
encore assez, je crois, pour qu'on puisse de suite reconnaître le
mur, à l'aspect de l'ensemble.
