Evocation de F. Benveniste
Dissertations archéologiques de A. Bonnardot : I - II- III
Les Tours : 1e partie|| 2e partie || La Tour de Nesles
Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris
Enceinte de Philippe Auguste. Considérations générales.
(suite)
es
fondements, selon Mauperché, qui parle sans doute de visu, consistaient
en un massif de cailloux réunis avec un ciment dur et ferme. Le
blocage et les deux murs de face offraient une épaisseur moyenne
d'environ trois mètres à fleur du sol, et de deux mètres
trente cent à une hauteur de six ou sept mètres au-dessus
des fondements. En quelques endroits, il pouvait être plus épais
ou plus élevé, selon la consistance et la pente du terrain,
ou l'importance des localités à protéger ; mais il
est permis d'avancer que telle est, en général, son épaisseur
au nord comme au midi, dans les endroits où il n'a pas été
aminci par les propriétaires. On prétend que le mur de la
rive droite, le premier construit aux frais du roi, fut plus solidement
établi, parce qu'il renfermait la partie la plus important de la
ville. Le fait est que les fragments que j'ai vus de ce côté
de Paris m'ont paru d'une construction plus serrée, plus homogène
que du côté sud. Comme il a servi moins longtemps de rempart
et n'a probablement jamais été approprié à
un nouveau système de défense, puisque sous Charles V on
recula l'enceinte beaucoup plus loin, il a dû conserver plus intacte
sa forme primitive. Il est heureux, pour l'archéologie, que ce
mur ait consisté en un blocage contenu par deux murs de petit appareil.
Construit, dans toute son épaisseur, de larges blocs, il eût
tenté les propriétaires des maisons contiguës, qui
n'en eussent laissé aucune trace ; mais ces petites pierres offraient
trop peu d'avantages pour qu'on fît les frais de les déplacer
sur toute la ligne. Les murs élevés sous Charles V, étant
au contraire, formés dans toute leur masse de gros matériaux,
n'ont pu échapper à une totale destruction.
l
est assez difficile de préciser la hauteur générale
du gros mur de Ph. Auguste, car il a été évidemment
plus ou moins abaissé ou exhaussé sur divers points de son
cours. Toutes les portions qui subsistent aujourd'hui ont été
dépouillées du chaperon qui formait sa plate-forme, et du
parapet crénelé qui le surmontait, comme je le prouverai
tout à l'heure. Les dalles de cette plate-forme et les gros blocs
ou merlons qui formaient les espaces vides (carneaux ou créneaux)
étaient bons à employer ; partout donc, à diverses
époques, on les utilisa.
es
portions du gros mur les mieux conservées (sauf l'absence du chaperon
et du parapet crénelé) offrent une hauteur approximative
de six à sept mètres, et dans cette hauteur on compte, à
partir du sol qui probablement en recèle une partie, de 25 à
27 assises. L'élévation totale du mur, si l'on ajoute le
chaperon et le parapet, et si l'on a égard à la partie inférieure
qui est aujourd'hui sous terre, peut être évalué à
environ neuf mètres."
