Le rempart de Philippe Auguste : Dissertation de A. Bonnardot : les tours (II)
Evocation de F. Benveniste
Dissertations archéologiques de A. Bonnardot : I - II- III
Les Tours : 1e partie|| 2e partie || La Tour de Nesles
Enceinte de Philippe Auguste. Considérations générales.
(A. Bonnardot 1851)

l
m'a paru possible, à l'aide de nombreux documents matériels
ou par analogie, de déterminer, sans trop m'écarter de la
réalité, le nombre et la place de ces tours. J'en ai compté
34 au midi et 33 au soir, non compris celles qui fortifiaient les portes.
Sauval dit que l'enceinte est flanquée de 600 tours. La réunion
de toutes les tours de Paris, y compris les donjons, les tours des portes
et celles des nombreuses églises, n'aurait pu fournir ce nombre.
Peut-être l'ignorant éditeur du livre de Sauval aurait-il
ajouté un zéro. Felibien, qui avait consulté cet
ouvrage, crut adoucir et rectifier l'exagération de ce chiffre,
en le réduisant à 500. On a peine à concevoir de
pareille naïveté. C'est ainsi que G.Corrozet écrivait,
mais c'est en 1532, que les murs de Paris avaient sept lieues de long
! Ces tours paraissaient, sur tous les anciens plans, dépasser
de quelques pieds la plate-forme crénelée du gros mur. Sur
celui de la censive S.Merry, 1550, elles sont ainsi représentées,
derrière le couvent des Filles Sainte-Avoye. Sur la vue de Paris
prise du sud et signée L.Gaultier, 1607, elles ont la même
disposition, ainsi que sur une grande estampe en quatre feuilles, éditée
par N.Berey, vers 1660.

uant
aux tours qui fortifiaient les portes, elles étaient, sans avoir
un plus fort diamètre, élevées de quinze à
seize mètres environ, à deux étages ; celles enfin
qui formaient tête d'enceinte, comme la tour de Nelse, avaient un
peu près vingt-cinq mètres de haut sur dix environ de diamètre
extérieur, et offraient trois étages voûtés
; c'étaient de véritables "donjons. "