Paris à l'époque de Philippe Auguste

Le quotidien

Les métiers

On peut commencer par parler du plus ancien bureau de placement qui daterait de 1184.
Géographiquement situé dans l'hôpital Sainte Catherine, il s'agissait d'un lieu d'hébergement gratuit pour les femmes qui venaient à Paris chercher un travail, qu'elles soient jeunes filles ou veuves. Il existait aussi semble-t-il des établissements payants tenus par des "commanderesses"

E n ce qui concerne les métiers, les premières sources écrites datent de 1268, puis vient le livre de la taille de 1292 dans lequel sont listés des métiers. La taille était une aide exceptionnelle accordée au roi et le livre en question décrit combien chaque personne a donné, ainsi que le métier qu'elle exerçait.
Environ 120 à130 métiers sont officiellement reconnus :

Voici quelques exemples de ce que l'on peut trouver ayant une origine antérieure au livre de la taille et datant du règne de Philippe Auguste.

Les bouchers : il semble que ce soit la plus ancienne corporation (dès 1146). En 1182 Philippe Auguste renforce leur privilège. Ils demandent que les coutumes dont ils bénéficiaient soient confirmées dans des statuts écrits scéllés. Ils sont libres de vendre le bétail, le poisson d'eau douce et de mer, sans acquitter de péage à l'entrée de la ville. C'est une confrérie très fermée, cela reste dans les familles. Seuls les fils de boucher peuvent devenir boucher (en 1250). Les principales boucheries se trouvent au débouché du Grand Pont où les eaux de la Seine évacuent les déchets.

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Les pelletiers : c'est une corporation en place depuis 1183. Philippe Auguste leur a donné les maisons des juifs expulsés. En effet en février 1182, il avait fait arrêter les juifs de Paris, les avait condamnés à donner leur or et leurs étoffes précieuses ainsi que leurs maisons. Celles-ci se trouvaient sur l'actuel quai du Marché aux Fleurs, près du Palais de Justice. Cette rue s'appellera : rue de la Pelleterie.

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Les drapiers : on en parle sous Philippe-Auguste déjà puisque celui-ci leur donne des maisons situées dans une rue de l'île de la Cité (celles qui abaient été confisquées aux juifs). Cette rue sera ensuite appelée rue de la Draperie. Cette branche d'activité se développe au XIIIe siècle. Ils sont à la tête des activités commerçante de la ville. Toutefois la fabrication ne durera pas plus tard que le début du XVe siècle.

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Les orfèvres : on les mentionne dès 1268. Ils ont ensuite joué un rôle très important dans la vie économique de la ville. Pour devenir orfèvre à cette époque, il faut apprendre pendant 10 ans.
# Les métiers du bois. Au Moyen Age, le mobilier était assez restreint, donc le besoin en ouvriers du bois se limitait à celui des charpentiers.

Les épiciers-apothicaires : on voit leur nom apparaître dans un livre de 1269 : le Livre des Métiers.

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Les gantiers : ils sont homologués en 1208. Ils n'avaient le droit de fabriquer que des gants de peau, ceux de laine et coton revenant aux chapeliers. On comptait alors 80 gantiers.

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Les marchands de vin : ils semblent avoir eu une importance particulière parmi les commerces exercés à Paris. J. Baldwin nous dit que "Philippe Auguste, en 1182, confirmait aux religieuses de la Saussaie la moitié de la dîme du vin amené au cellier du roi et de la reine, à Paris, qui leur avait été donnée par Louis VII, et il y ajoutait la moitié de la dîme du vin acheté à Paris pour le roi et pour la reine. Dix ans plus tard, en 1192, il réglemente le commerce du vin à Paris". Seuls les marchands de vin résidant à Paris et connus comme tel avaient le droit de décharger du vin à Paris, sinon ils pouvaient le vendre dans leur bateau, ou encore le prendre et l'emmener hors de Paris, mais sans le décharger à Paris même.

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Les porteurs d'eau : On les cite dès 1121 ; Philippe Auguste favorise cette corporation qui dirige le trafic fluvial. Ils reçoivent confirmation en 1170 du monopole des transports sur la Seine, entre Paris et Mantes. En 1220, leur roi leur cède les "criages" de Paris, ainsi que la surveillance des poids et mesures, des taxes sur le sel et la basse justice, ceci bien sûr en échange d'une redevance. Ces marchands occupaient la "Maison Aux Piliers" sur la place de Grève, achetée par le roi en 1212.

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