Le quotidien à Paris sous Philippe Auguste : la soie

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Extrait du "Journal d'un bourgeois de Paris"
Toujours drap de soie tisserons
Jamais n'en serons pas mieux vêtues,
Toujours serons pauvres et nues
Et toujours faim et soif aurons.
Jamais tant gagner ne saurons
Que mieux en ayons à manger.
Du pain avons à partager
Au matin peu et au soir moins .
Jamais de l'oeuvre de nos mains
N'aura chacune pour son vivre
Que quatre deniers de la livre.
Et de ce ne pouvons-nous pas
Assez avoir viande et draps ;
Car, qui gagne (dans) la semaine
Vingt sous, n'est mie hors de peine.
Et sachez vraiment a estrouz
Qu'il n'y a celle d'entre nous
Qui ne gagne vingt sous au plus:
De cela serait riche d'un duc !
Et nous sommes en grande poverte,
S'enrichit de notre desserte
Celui pour qui nous travaillons.
Des nuits grande partie nous veillons
Et tout le jour pour y gagner.
On nous menace de rouer
Nos membres quand nous nous reposons ;
Aussi reposer nous n'osons.

Le Chevalier au Lion (v.5298-5327)

Chrétien de Troyes (1135 ? -1190 ?)

 

Les cordonniers

Corporation des cordonniers de Paris

Quiconque veut être cordonnier à Paris doit acheter le métier au roi.
Nul cordonnier de Paris ne peut faire le métier comme maître s'il n'est accepté par les maîtres qui gardent le métier de par le roi.
Nul cordonnier de Paris ne peut ni ne doit oeuvrer après que les chandelles soient allumées si ce n'est sur une commande destinée au roi ou à la reine...Quiconque est cordonnier à Paris, maître, valet ou apprenti, ne peut ni ne doit vendre les vieux ouvrages avec les neufs...

Etienne Boileau, Le Livre des métiers 1268