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Ph. Auguste acheta donc le terrain, mais il est probable que les frais de construction du mur et des tours furent à la charge de la Ville. De là, par la suite, d'interminables contestations, faute sans doute de preuves de part et d'autre. Il paraîtrait que le roi, bien qu' il n' eût sans doute acquis que le fonds, se regardait comme le propriètaire de tout. Au reste, cette idée paraissait fort naturelle à cette époque. Rigord dit même que le roi avait le droit d' élever son mur sur le terrain des particuliers, et qu'il ne les indemnisa que parce qu'il préféra l' équité au droit . Quoiqu'il en soit, ces murailles ont toujours été nommées : murs du Roy . Du Breul cite un acte de 1209 (époque où l'on achevait la clôture du midi), qui nous apprend que Ph. Auguste donna à l'abbé de S.Germain-des-Prés une porte de ville non encore achevée, qu'il nomme : "posternam murorom nostrorom." Dans beaucoup d'autres actes postérieurs, il est souvent fait mention des murs du Roy ou murs_les_Roy. Mais notons que sur les anciens registres de Comptes de la Ville de Paris, on lit presque toujours : les murs de la Ville. Il ma paraît donc impossible de décider qui, du roi où de la Ville de Paris, paya les frais de la clôture. Bonamy dit avoir retrouvé cette pièce sur un registre de Ph. Auguste, conservé au Trésors des chartes ; est-ce une preuve positive que ce roi ait soldé lui-même ce compte ?
La clôture de Ph. Auguste consistait, comme l'attestent de nombreuses portions conservées au nord et au sud de la capitale, en deux murs reliés entre eux par un blocage de moellons noyés dans un ciment assez tenace. Les faces de ces deux murs de soutien se composaient de pierres de petit appareil, equarries, mais inégales dans leur dimension. Le plus grand nombre de ces pierres porte environ 27 c. en carré, terme moyen ; elles sont de nature calcaire, mais leur surface est devenue, à l'air, presque aussi dure que le grès, et a contracté une teinte d'un gris foncé. Il faut aussi observer que, par suite de nombreuses réparations, on a intercalé, dans l'appareil général, des pierres d'une autre dimension et d'une autre nature ; mais les blocs du revêtement primitif dominent encore assez, je crois, pour qu'on puisse de suite reconnaître le mur, à l'aspect de l'ensemble.
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